Alors que les résultats scolaires français continuent de se dégrader, les responsables désignent tour à tour les élèves, les parents ou les nouvelles technologies. Mais derrière cet échec persistant se pose surtout la question de la responsabilité et de l’efficacité d’un système éducatif pourtant doté de moyens considérables.
Les études PISA, qui évaluent depuis l’an 2000, les performances des systèmes éducatifs des pays de l’OCDE à travers les élèves de quinze ans, constatent un décrochage continuel de la France.
En mathématiques, le niveau des élèves s’effondre quasiment, installant la France à la 36ème place avec une note la situant dans la moyenne basse des pays de l’OCDE, très loin des premiers, les pays de population chinoise.
Les explications de la déroute se bousculent déjà. Le ministre de l’éducation nationale, que personne ne connaît, donne le ton : « la consommation massive de réseaux sociaux », « le téléphone utilisé à des fins de loisirs dans l’établissement » et « le recul de l’implication des parents dans le suivi scolaire »1 en indiquant que « ces trois signaux (sont) communs aux pays de l’OCDE2.
Quand devant un bulletin médiocre, j’indiquais à mon père que les notes des autres élèves avaient aussi baissé. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir convaincu. Mais autre temps, autre mœurs…
Quant aux trois signaux proposés par ce ministre, énarque, macroniste et technocrate de l’éducation nationale, je retiendrai qu’il n’est responsable de rien. L’écroulement de la formation des jeunes Français est en partie la faute des parents. La défausse est un peu grosse quand on sait que ce ministère dispose du plus gros budget de l’Etat3 d’un montant de 90 milliards environ.
Ce budget passe essentiellement dans les rémunérations de cette armée d’1,2 million d’individus (composée d’opérationnels, 850.000 enseignants et de fonctionnels ou non enseignants, 350.000 encadrant une population de moins de 12 millions élèves.
L’examen des chiffres bruts montre un léger écart concernant le nombre d’élèves par enseignant en faveur de la France comparée à l’Allemagne ou à Singapour. Il faut chercher des explications dans la qualité des personnels (on apprend un découragement général des professionnels et un manque de vocation tel qu’il aboutit à accorder le statut de professeur certifié à des candidats ayant obtenu 5/20 en mathématique au CAPES) ; dans l’organisation des classes (les classes de niveaux ont été supprimées par le gouvernement Jospin au nom de l’égalité, rendant les classes hétérogènes et ingérables) et dans la gestion générale de ce ministère qui a fait en sorte de conserver le monopole de la formation.
Au vu de ses résultats catastrophiques, il n’est plus concevable de laisser à la technostructure ou à l’inspection générale du ministère les pouvoirs exorbitants dont elle dispose sur la formation de nos enfants. Non seulement, elle s’est avérée incapable de prendre la mesure de la modernité technologique, elle a, de plus, détruit ce qui faisait l’excellence française de l’enseignement. Il serait temps qu’elle rende des comptes et qu’elle laisse la place à de bons faiseurs.
Alain le Bihan.
- « les enfants n’appartiennent pas à leur parent » Laurence Rossignol ministre de la famille. Qui croire ?
- En 2022, la moyenne PISA est à 472, en 2018 elle était de 489.
- Les bâtiments et le reste est à la charge des collectivités territoriales et des parents, taxés deux fois.