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Les Français ne sont pas aveugles face à la situation de la France, c’est exactement l’inverse. Ils voient tout.

Ils voient l’industrie démantelée, l’hôpital saturé, le niveau scolaire qui s’effondre, la dette hors de contrôle, le pouvoir d’achat rogné, l’immigration incontrôlée, l’insécurité généralisée, les libertés attaquées. Ils voient que nous sommes à l’exact opposé de ce qu’on nous avait promis en 1992, quand Maastricht devait apporter la prospérité et la puissance.

Quand on leur explique que tout ne va pas mal pour tout le monde, que les dix premières fortunes de France ont vu leur patrimoine croître de 2 300 % en trente ans, ils ne sont pas étonnés, ils sont écœurés.

Et ils acquiescent quand on leur explique que ce n’est pas un hasard si ces hyper-riches n’en finissent pas de s’enrichir davantage pendant que la France s’appauvrit sans cesse. Ils comprennent que les quatre libertés de circulation, marchandises, services, capitaux et personnes, inscrites dans les traités européens, ont favorisé la délocalisation de nos usines et la mise en concurrence des salariés français avec ceux de pays aux niveaux de vie inférieurs.

Ils comprennent aussi que la libre circulation des capitaux limite la capacité de la France à défendre ses intérêts et a contribué à la concentration spectaculaire des richesses.

Là encore, les Français le reconnaissent sans difficulté : les accords de libre-échange négociés par la Commission avec des pays tiers ont dévasté notre agriculture.

Les Français en arrivent sans problème à conclure que le malheur des uns et l’enrichissement des autres ont la même cause.

Mais dès que le mot Frexit est prononcé, tout se referme, les murs de la cellule se couvrent de slogans :

❌ « Ce n’est pas possible. »

❌ « On ne peut pas aller contre le sens de l’histoire. »

❌ « Ce serait suicidaire. »

❌ « On ne peut pas s’isoler du monde. »

Aucune analyse. Aucun raisonnement précis. Aucune difficulté concrète que l’on serait incapable de résoudre. Aucune démonstration. Seulement une impossibilité énoncée comme une loi de la physique.

C’est ici que se trouve la véritable prison, elle n’est pas matérielle, elle est mentale.

La prison mentale dans laquelle nous sommes enfermés ne nous empêche pas de voir le problème, elle nous empêche d’envisager la solution.

Ce mécanisme a déjà été décrit, ailleurs et dans un tout autre contexte. En 1974, Alexandre Soljenitsyne adressait aux Soviétiques son texte Vivre sans mentir. Il ne demandait pas à chacun de devenir un héros. Il demandait quelque chose de beaucoup plus simple : ne pas participer soi-même au mensonge.

Ne pas répéter ce que l’on sait faux. Ne pas affirmer comme une vérité ce que l’on n’a jamais pris la peine de vérifier. Ne pas transformer une affirmation répétée mille fois en vérité simplement parce qu’on l’a entendue mille fois.

Sur quoi se basent ceux qui affirment de façon péremptoire que le Frexit est « impossible » ?

Ont-ils lu les traités ?
Ont-ils dressé le bilan des effets sur la France de plus de soixante ans de construction européenne ?
Ont-ils étudié les conséquences juridiques, économiques et politiques d’une sortie ?
Ont-ils comparé la situation de la France avec celle des pays européens qui ne sont pas membres de l’Union européenne ?
Ou bien a-t-on simplement répété une phrase entendue partout : « C’est impossible » ou « ce serait de la folie » ?

C’est le mécanisme le plus efficace de la prison mentale dans laquelle nous sommes enfermés. Les barreaux ne sont pas en acier, ils ne sont pas matériels, ils sont dans les têtes.

Pendant des décennies, la construction européenne a été présentée aux Français comme une évolution historique inéluctable. À l’école, à la télévision, dans la publicité, dans la presse, dans les discours des partis de gouvernement, au cinéma, dans les séries, dans les écoles maternelles et les lycées Jean Monnet, sur les boulevards Robert Schuman, sur les ronds-points de l’Europe. Du berceau à la tombe, tout semble nous rappeler qu’il serait inconcevable de remettre en question la construction européenne.

Et de toute façon :

❌ La France est trop petite.

❌ Sortir de l’Union européenne serait un repli sur soi.

❌ On ne peut pas aller contre le sens de l’histoire.

❌ Sortir de l’Union européenne, c’est se fâcher avec vingt-six pays.

❌ La France ne peut pas agir seule.

Tout le monde, à gauche comme à droite, est enfermé dans cette prison mentale. La question européenne n’est pas une question de camp, c’est une question de souveraineté. Et donc, au fond, une question de démocratie : qui décide ?

@f_asselineau défend cette sortie de l’Union européenne depuis 2007, sans changer de cap au gré des sondages ou des circonstances politiques.

En 2027, les Français auront la possibilité de trancher cette question dans les urnes. Mais avant de choisir, il faut pouvoir envisager.

La première liberté, c’est de s’autoriser à penser que ce que l’on nous présente comme impossible ne l’est peut-être pas.

Alors cessons de répéter « c’est impossible ».

Regardons les faits, écoutons notre bon sens.

Et décidons par nous-mêmes.

Source : https://x.com/Marc_Parigot/status/2088987369147896177