Connaît-on un chef d’entreprise dont la rémunération est égale à la totalité de la masse salariale de tous les autres salariés de l’entreprise qu’il dirige ? A-t-on jamais vu un dirigeant d’entreprise payé le double du résultat opérationnel de l’entreprise ? Existe-t-il un chef d’entreprise percevant une telle rémunération et en faveur de qui les médias de gauche se mobilisent comme un seul homme, plutôt que d’appeler à la spoliation des patrons qui s’engraisseraient sur le dos des salariés ? Ce personnage existe et quelque deux-cents écrivains et journalistes ont fait le tour de Libération, Le Monde, Télérama, Le Nouvel Obs, France Inter, France Info, France 5, etc. pour sonner la charge contre les Éditions Grasset et leur actionnaire, Vincent Bolloré, coupable à leurs yeux d’avoir licencié leur directeur général, Olivier Nora.
L’affaire remonte à la détention de Boualem Sansal en Algérie. Abandonné par son éditeur, Antoine Gallimard, qui préférait complaire aux autocrates algériens, alors qu’il croupissait dans leurs geôles, Boualem Sansal avait été accueilli à bras ouverts par Grasset, ou plutôt sa maison-mère, Hachette, pour la publication de son prochain roman le 6 juin prochain. Mais Olivier Nora, directeur de Grasset, à l’unisson de toute la gauche médiatique, ne voulait pas éditer Boualem Sansal, justement parce que coupable d’énoncer la vérité sur l’invasion islamique et la dictature d’outre-Méditerranée.
Le différend ne pouvait se solder que par le départ d’Olivier Nora qui trouva là le moyen de percevoir de confortables indemnités, alors qu’à 66 ans, il approche clairement de sa fin de carrière. Et quelles indemnités ? Celles-ci étant calculées sur la rémunération annuelle, le personnage n’aura guère de difficultés de fin de mois.
Nora perçoit plus d’un million d’euros par an alors même que Grasset n’a dégagé un résultat opérationnel que de 600 000 € en 2025. Un million d’euros par an, c’est déjà le bas de la fourchette des rémunérations des grands dirigeants des sociétés cotés en bourse. C’est aussi à peu près la rémunération d’un dirigeant de ce qu’on appelle une ETI, entreprise de taille intermédiaire, de 250 à 5000 salariés, mais une grande ETI, pas une grosse PME. Or, Grasset emploie en tout et pour tout… 38 salariés. C’est donc une toute petite PME, le terme de PME s’appliquant aux entreprises de 11 à 250 salariés.
On a déjà vu qu’Olivier Nora percevait en salaire le double des bénéfices, avant impôt, de l’entreprise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la moitié de son salaire était imputée, non à Grasset, mais à Hachette. Car si Grasset l’avait rémunéré plein pot… la boîte aurait perdu de l’argent. Bolloré est trop honnête : ç’aurait pu être une combine pour ne pas payer d’impôt.
On peut raisonnablement estimer que les 37 autres salariés de Grasset, hors lui-même, perçoivent une rémunération moyenne honnête, pour ne pas dire confortable, de l’ordre de 35 à 40 000 € par an. Avec l’ensemble des charges, on arrive à 60-75 000 € annuels. Multipliés par 37, on obtient une masse salariale de… 2 à 2,5 millions par an. Grosso modo, pas beaucoup plus que le salaire chargé de Nora à lui tout seul.
La gauche du XXIe siècle hurle aux rémunérations excessives des patrons de l’industrie qui font vivre des dizaines de milliers de familles, et se mobilise comme un seul homme pour un type qui engloutit, à lui tout seul, à la fois tous les bénéfices de la boîte et autant que tous ses salariés réunis. On aura du mal à dénicher dans la France entière, un seul patron d’une PME trop petite pour installer un comité d’entreprise, émarger à plus d’une brique par an. On n’en trouvera que dans la caste médiatico-intellectuelle parisienne, celle qui a élu triomphalement Emmanuel Grégoire le mois dernier. En tout cas, la partie qui n’a pas voté Chikirou.
Qu’en pensent les journalistes de Libé qui ont orchestré cette manipulation en titrant Coup de grâce pour Grasset, moyennant, péniblement, 3 000 balles par mois ?
Tarick Dali
Secrétaire général adjoint du CNIP